12 octobre 2026
Pan, la joie immuable

Un air de flûte résonne contre les parois de la caverne. C'est d'abord un sifflement sourd étouffé par le vent et la mousse, puis, en avançant plus profondément dans l'épaisseur de l'obscurité, des notes de musique sonnent distinctement entre le goutte à goutte qui suinte des stalagmites. Quelque part en bas, entre les échos de rire et les effluves de vin, Pan continue de danser comme si de rien n'était.
Origines du personnage
Dans la mythologie grecque, Pan est une divinité des pâturages et de la nature sauvage. Son apparence mi-homme mi-bouc reflète sa nature profonde et sa fonction de protecteur des bergers et de leurs troupeaux. On le voit souvent représenté avec une flûte à la main, assis parmi les rochers et les arbres, tel un seigneur nonchalant sur la terre des bêtes et des paysans.
Son nom trouve son origine dans deux histoires à la fois. Il vient premièrement du grec paein qui signifie "faire paître", où Pan est avant tout un simple dieu berger. Mais très tôt, les Grecs eux-mêmes ont réinterprété ce nom comme venant de pan signifiant "le Tout" : le mythe raconte qu'il aurait réjoui tous les dieux de l'Olympe à sa naissance en étant à la fois une divinité modeste, pastorale, et une figure cosmique (représentant ainsi la terre et le ciel, le Tout). Depuis l'Antiquité, ces deux visages de Pan traversent le temps côte à côte.
C'est aussi de lui que vient le mot "panique" : sa seule présence ou son cri suffisait à effrayer les bergers et les voyageurs égarés qui s'enfuyaient en courant dans les bois. La nymphe Syrinx connut la même frayeur. Poursuivie par Pan, elle préféra se changer en roseau plutôt que de se laisser attraper. C'est de ce roseau que Pan tira son instrument qu'il nomma en son souvenir : la syrinx, la fameuse flûte de Pan.
Dans le récit
Depuis la fin de l'ère antique, Pan s'est retiré dans un monde souterrain, sous le mont Pélion en Grèce. Loin des affaires humaines, il continue de vivre, de boire et de chanter avec son cortège de satyres, comme si le temps et les changements du monde n'avaient pas d'emprise sur lui.
Dans notre époque actuelle, il se retrouve à la tête d'une "joyeuse secte", tel est le nom donné à sa nouvelle communauté par les médias. C'est avec un enthousiasme certain qu'il a rassemblé des adeptes versés dans la philosophie antique, les plaisirs simples et les pratiques new age.
Pendant que le Dieu Cornu se morfond, Pan danse et joue de la musique. Irréductiblement vivant, il continue de profiter du monde tel qu'il est et de tirer profit de ses nouveautés.
Pan et le Dieu Cornu partagent une parenté ancienne. Ils sont tous les deux des divinités cornues de la nature sauvage, que les humains ont fini par confondre l'une avec l'autre, puis avec le diable au fil des siècles. Dans "Les Chroniques du Dieu Oublié", cette parenté devient littérale : Pan et le Dieu Cornu sont tous deux des fragments d'une essence divine primordiale, un reflet de la masculinité sacrée et de la force brute. Tout comme Aria, Pan poussera son ami à poursuivre sa quête plutôt que de se réfugier dans l'oubli et le vin.
